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Que révèlent les enquêtes sur le bien-être en entreprise cette année ?

Par Maxime
5 minutes

Enquêtes sur le bien-être au travail : ce que disent les chiffres 2024


La santé mentale, la satisfaction des équipes et la qualité de vie au travail (QVT) s’imposent aujourd’hui comme des enjeux clés pour les entreprises françaises. À l’heure où prévention et performance doivent s’aligner, les grandes enquêtes annuelles révèlent des évolutions notables : attentes accrues des salariés, transformation des modes de management et initiatives concrètes qui font la différence. Nutritionpratique.fr décrypte, exemples à l’appui, ce que nous apprennent les baromètres 2024 et propose des conseils pratiques pour s’emparer du sujet sur le terrain.


Les grandes tendances du bien-être en entreprise : synthèse des chiffres récents


Plus d’un salarié sur deux déclare que le bien-être au travail pèse désormais « beaucoup » dans le choix ou le maintien de son poste (source : Ifop, Malakoff Humanis, OpinionWay 2024). Derrière cet indicateur, de multiples facettes :


  • La quête d’équilibre vie pro/vie perso reste la préoccupation n°1, notamment chez les moins de 35 ans.
  • La santé mentale : anxiété, stress chronique, fatigue émotionnelle représentent la première cause d’arrêt maladie prolongé.
  • Le sens au travail : 46 % des Français souhaitent exercer une activité ayant un impact positif pour la société, l’environnement ou leur entourage.
  • Télétravail et flexibilité : 73 % considèrent la possibilité de télétravailler au moins un jour par semaine comme un critère déterminant de bien-être.
  • Environnement physique : luminosité, bruit, ergonomie, qualité de l’air restent déterminants pour la motivation et la santé globale.

Globalement, le moral des équipes est jugé « moyen » en 2024 : statistiquement supérieur à la période pandémique, mais bien en-deçà de celui mesuré avant 2020.


Du déclaratif à la réalité : comment sont menées les enquêtes ?


Pour objectiver le ressenti des salariés, instituts et cabinets proposent de multiples méthodologies :


  • Questionnaires anonymes en ligne (plus de 20 000 répondants agrégés chaque année)
  • Entretiens qualitatifs approfondis (avec des panels représentatifs par secteur, âge, type d’emploi)
  • Analyse de l’absentéisme, du turnover et des incidents (outils type baromètre RH, score d’engagement, application interne de sondage court)

Ces outils permettent de cerner ce qui fonctionne ou dysfonctionne au-delà des discours et – point crucial – d’identifier les risques psychosociaux émergents.


Ce que montrent les indicateurs-clés du bien-être en 2024


1. Le stress chronique s’installe durablement

Selon Malakoff Humanis, 40 % des salariés déclarent un niveau de stress « élevé ou très élevé » sur les six derniers mois, un chiffre qui monte même à 52 % chez les cadres et managers. La principale cause : la pression des délais, la surcharge de tâches et un sentiment de manque de reconnaissance.


2. La santé mentale, pivot de la QVT nouvelle génération

Les arrêts pour épuisement, anxiété ou troubles du sommeil ont augmenté de 20 % par rapport à l’an dernier. Les salariés expriment de façon croissante le besoin d’accompagnement psychologique (accès facilité à un psychologue, formation aux premiers secours en santé mentale, gestion du stress et médiation en équipe).


3. Télétravail et flexibilité : appréciés mais pas sans risques

S’il amène davantage d’autonomie, le télétravail massif s’accompagne parfois d’isolement social, de difficulté à « déconnecter » le soir, et de troubles musculo-squelettiques dus à un matériel inadapté.


4. Reconnaissance et feedback : des attentes non comblées

Seuls 29 % des Français jugent que leurs efforts sont « régulièrement salués » par un supérieur ou un collègue. La reconnaissance monétaire seule ne suffit plus : le soutien quotidien, le feedback constructif ou l’opportunité de progresser professionnellement sont plébiscités.


Exemples d’actions concrètes repérées sur le terrain


  • Aménagement d’espaces « ressources » : salles de repos, coins sieste, zones vertes ou balcons végétalisés en milieu urbain pour favoriser les micro-pauses apaisantes.
  • Promouvoir la pause active : ateliers de relaxation, séances express de yoga, ou défis sport/santé animés par des coachs extérieurs.
  • Initiatives « déconnexion » : interdiction d’envoi de mails après 19h, notifications limitées, guides pour mieux gérer son agenda et le droit à la déconnexion formellement inscrit dans le règlement intérieur.
  • Cellules d’écoute ou plateformes anonymes permettant de signaler des situations à risque, harcèlement ou mal-être, avec engagement « zéro sanction ».
  • Formation à la gestion du stress pour le management : premiers réflexes, repérer la souffrance, orienter vers l’aide adaptée.
  • Programmes de nutrition et d’activités physiques (atelier alimentation, groupe de marche le midi, panier de fruits à disposition)

Bonnes pratiques : 8 réflexes pour renforcer le bien-être dans son organisation


  1. Écouter régulièrement les équipes : micro-sondages mensuels, boîtes à idées anonymes, séances de feedback collectif.
  2. Rendre visibles les actions « QVT » : affichage des dispositifs, communication positive sur les actualités bien-être.
  3. Favoriser le collectif : pauses ou petits-déjeuners partagés, team-building et défis solidaires qui fédèrent.
  4. Soutenir le droit à la déconnexion : former sur les risques de l’hyperconnexion et donner l’exemple au sommet.
  5. Inciter à prendre ses congés : rappel sur l’importance de « coupures longues » pour prévenir l’épuisement.
  6. Investir dans l’ergonomie : sièges adaptés, supports écran, conseils pour posture saine au bureau ou en télétravail.
  7. Mettre en place un soutien psychologique accessible (ligne dédiée, accès facilité à un spécialiste, ou réseau de « sentinelles » formées en interne).
  8. Évaluer et ajuster en continu : exploiter les résultats des enquêtes, diffuser les bilans et décider collectivement des axes de progrès.

Freins persistants : où sont les points de vigilance selon les enquêtes ?


  • La peur du « stigma » : près d’un salarié sur trois n’ose pas parler de son mal-être, craignant des conséquences sur sa carrière.
  • Des dispositifs mal connus ou peu accessibles : les initiatives QVT restent parfois cantonnées à la communication RH sans véritable diffusion auprès des équipes.
  • Manque d’implication des managers : le bien-être est parfois perçu comme une contrainte, faute d’outils et de temps à y consacrer.
  • Différences sectorielles : les salariés de l’industrie, de la santé ou de la grande distribution se disent moins concernés par les mesures bien-être vs tertiaire/médias/start-up.

Exemples terrain : quand la QVT change la donne


  • Sophie (assistante administrative, Nantes) : « L’arrivée du panier de fruits et l’autorisation de faire une pause marche de 20 min a changé ma motivation. Je me sens davantage reconnue et j’ai moins mal au dos. »
  • Ludovic (manager, Dijon) : « J’ai suivi une formation sur les signaux faibles de la détresse psychologique : cela m’a permis d’éviter un burnout dans mon équipe. »
  • Équipe IT à Toulouse : « On a instauré un rituel : à midi, chacun pose ses écrans, on joue au ping-pong ou on marche 10 min autour des locaux – moins d’absentéisme, meilleure ambiance. »
  • Marie (RH secteur hospitalier) : « Le recours facilité à un psychologue du travail en ligne a permis d’accompagner 15 % du personnel avec des résultats très positifs sur les retours d’enquête. »

Outils et ressources à télécharger pour agir concrètement


  • Modèle de questionnaire « QVT » anonymisé prêt à l’emploi (Word/PDF)
  • Guide « 10 actions pour booster la motivation au quotidien »
  • Fiches pratiques sur l’ergonomie au poste de travail et la gestion du stress
  • Check-list « Comment repérer un collègue en souffrance et réagir ? »
  • Planning type de pause active et ateliers bien-être

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L’essentiel à retenir : vers une culture commune du bien-être durable


L’époque où la santé au travail se limitait à la prévention des accidents est révolue : le bien-être des salariés est devenu un levier d’engagement, de productivité et de fidélisation. Loin des effets d’annonce, les enquêtes le prouvent : petits gestes, écoute active et implication de tous les niveaux font la différence. Misez sur la co-construction, la transparence et le test-and-learn pour bâtir votre propre politique. Partagez cet article et les outils mis à disposition : plus le bien-être sera collectif, plus l’entreprise sera résiliente, humaine et attractive.

Retrouvez toutes les ressources, guides et retours d’expériences sur nutritionpratique.fr pour inspirer vos propres actions et prendre soin de votre équipe, chaque jour.


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