Le BIOS, un élément clé mais méconnu du PC
Si l'on demande à la plupart des utilisateurs ce qui se passe quand ils appuient sur le bouton d’allumage de leur ordinateur, beaucoup citeront le système d’exploitation et les programmes. Pourtant, tout démarre bien plus tôt : dans les entrailles du PC, un logiciel fondamental appelé BIOS (Basic Input Output System) s’assure du bon fonctionnement de la machine avant même que Windows, macOS ou Linux ne prennent le relais.
Le BIOS, gravé sur une puce de la carte mère, orchestre le démarrage et détecte tous les composants essentiels — processeur, mémoire RAM, disques, ports USB, carte graphique… Sa mise à jour, parfois appelée « flash BIOS », peut corriger des bugs, améliorer la compatibilité ou booster les performances. Mais elle n'est pas sans risques. Voici quand, pourquoi et comment procéder en toute tranquillité.
Pourquoi envisager une mise à jour du BIOS ?
- Résoudre des incompatibilités matérielles : l'ajout d'une nouvelle génération de processeur, de RAM ou d’un disque SSD NVMe peut exiger une version récente du BIOS pour être reconnu.
- Corriger des bugs ou soucis de stabilité : plantages aléatoires, redémarrages inopinés ou mauvais fonctionnement des ports USB peuvent être liés à un microcode incorrect, corrigé par une mise à jour.
- Renforcer la sécurité : certains correctifs (failles Meltdown, Spectre ou Secure Boot) ne peuvent être apportés que via le BIOS.
- Débloquer de nouvelles fonctions : gestion du ventilateur plus fine, support du Wake-on-LAN, options d’overclocking, fonctionnalités d’économie d’énergie…
- Préparer un upgrade futur : avant de passer sur un processeur plus récent ou une RAM de capacité supérieure, une mise à jour du BIOS ouvre la compatibilité.
Astuce : Consultez toujours le changelog (journal des modifications) fourni par le fabricant avant d’installer une nouvelle version : lisez ce qui change réellement !
Faut-il toujours mettre à jour son BIOS ?
Contrairement à Windows ou aux applications, le BIOS ne doit pas être mis à jour « pour rien ». Si votre PC fonctionne parfaitement, et que vous ne prévoyez pas de changer un composant majeur, il vaut souvent mieux s’abstenir. Pourquoi ? Car une interruption (coupure de courant, débranchement USB) ou une erreur pendant la procédure peut rendre l’ordinateur inutilisable (on parle de « brick »).
Réécrivez le BIOS uniquement en cas de besoin : problème identifié, ajout de composant non reconnu, instabilité ou recommandation explicite du fabricant.
Avant de commencer : bien préparer la mise à jour
- Notez la référence exacte de votre carte mère (ex : Asus B550-Plus, MSI Z690-A Pro, etc).
- Repérez la version actuelle du BIOS : accessible en tapotant Suppr, F2 ou F10 au démarrage, ou depuis « Informations système » sous Windows (msinfo32).
- Téléchargez la bonne mise à jour officielle sur le site du fabricant, et pas ailleurs !
- Lisez le mode d’emploi du constructeur : chaque fabricant (Asus, Gigabyte, MSI, ASRock, Dell, HP...) propose sa procédure. Ne la devinez pas !
Checklist sécurité avant la mise à jour :
- Sauvegardez vos fichiers importants (clé USB, cloud), par mesure de précaution.
- Branchez le PC sur une prise protégée (onduleur recommandé sur PC fixe).
- N’interrompez jamais l’opération en cours. Préparez-vous à patienter 2 à 5 minutes — n’éteignez ni l’écran, ni l’alimentation !
Les différentes méthodes de mise à jour du BIOS
Un même but, plusieurs outils : selon votre carte mère, vous pourrez utiliser :
- Le BIOS/UEFI lui-même : la majorité des cartes depuis 7-8 ans disposent d'une fonction intégrée (« EZ Flash », « Q-Flash », « M-Flash »…). Il suffit de déposer le fichier du BIOS décompressé sur une clé USB formatée en FAT32, d’entrer dans l’interface du BIOS, de sélectionner la mise à jour puis le fichier. Simple, rassurant, pas besoin de Windows.
- Un logiciel sous Windows : les fabricants proposent parfois un utilitaire à lancer directement dans Windows (« Live Update », « @BIOS », etc). Pratique, mais moins fiable en cas de plantage du système, d’où la préférence pour la méthode via le BIOS.
- Fonction « Flashback » sur certaines cartes mères : même si le processeur ou la RAM ne sont pas installés ou reconnus, cette fonction permet de mettre à jour le BIOS uniquement via une clé USB, pratique si le PC ne démarre pas avec un processeur trop neuf pour le BIOS d’origine.
- Mise à jour via Internet : certaines cartes très récentes proposent de télécharger et d’appliquer le BIOS directement depuis l’UEFI via Wi-Fi/Ethernet. À n’utiliser que sur une connexion stable.
Résumé étape par étape (« UEFI Flash », méthode la plus sûre) :
- Téléchargez le fichier BIOS spécifique à votre carte mère sur le site constructeur.
- Décompressez l'archive ZIP.
- Formatez une clé USB en FAT32, copiez le fichier BIOS dessus (souvent avec une extension .CAP ou .ROM).
- Connectez la clé USB sur un port à l’arrière du PC.
- Redémarrez et accédez au menu BIOS/UEFI (généralement en appuyant sur Suppr ou F2).
- Ouvrez la section « EZ Flash », « M-Flash » ou équivalent.
- Sélectionnez le fichier sur la clé USB et validez.
- Ne touchez à rien jusqu'à la fin de la procédure ! Le PC va redémarrer plusieurs fois.
- Reconfigurez les réglages personnalisés du BIOS (ordre de boot, profil XMP pour la RAM, overclocking…)
Troubleshooting : que faire si la mise à jour échoue ?
Bien réalisée, une mise à jour ne pose pas de problème. Néanmoins, si le PC refuse de démarrer après, ou affiche des bip sonores inhabituels :
- Utilisez la fonction « Flashback » (voir documentation de la carte mère) si vous en disposez.
- Retirez la pile CMOS pendant 1 minute (après avoir débranché l’alimentation) pour remettre tous les paramètres à zéro.
- Contactez le support du constructeur : des services « reprogrammation BIOS » existent, notamment chez les assembleurs et réparateurs.
Heureusement, la plupart des modèles récents intègrent une puce BIOS secondaire de secours (« Dual BIOS »), évitant une panne définitive.
Check-list sécurité et précautions à retenir
- Vérifiez deux fois le modèle et la version de la carte mère.
- Téléchargez la mise à jour uniquement sur le site officiel, jamais sur des forums tiers.
- Lisez le mode d’emploi pas à pas — chaque marque a ses particularités.
- Évitez toute manipulation ou coupure électrique pendant la procédure.
- Après la mise à jour, chargez ou reconfigurez vos paramètres (XMP, Secure Boot, ordre de boot…)
Outils, ressources et guides pratiques
- FAQ et tutoriels photos vidéo par marque (Asus, MSI, Gigabyte, ASRock) disponibles gratuitement dans la rubrique « PC & composants » de nutritionpratique.fr
- Checklist PDF « Mettre à jour son BIOS étape par étape »
- Guide comparatif : quelles fonctions attendre d’un BIOS moderne ? (sauvegarde du profil, Secure Boot, diagnostics)
- Dossier sécurité « Que faire en cas d’erreur lors d’une mise à jour BIOS ? »
Téléchargement gratuit sur nutritionpratique.fr (section Guides d’achat & Check-lists).
L’essentiel à retenir : prudence, méthode, tranquillité
Mise à jour du BIOS ou non, l’important est de garder le contrôle sur sa machine. Procédez en connaissance de cause, soyez méthodique dans la préparation, suivez le guide adapté à votre matériel, et ne cédez jamais à la précipitation. Une seule bonne mise à jour peut transformer durablement l’expérience d’un PC… mais un faux pas se rattrape parfois difficilement.
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